ROMANS

Galapagos, galapagos (1979)

Frère (1984)

La Reine de Barcelone (1990)

Ma mère, celle qui m'a tout donné et tout pris (1993)

Le ravin de la femme sauvage (1999)

Au premier sang (2000)

Si toi aussi... (2002) (sous le nom d'Angela Forrest)

Dies Irae (2005)

 

 

 

DANIÈLE SAINT-BOIS, écrivain

Lettre à ceux qui passent...

J'ai toujours voulu être écrivain. J'ai toujours su que je le serais. Ce que je ne savais pas, ignorant tout du monde des livres, c'est que mon parcours sur ces terres inconnues ne serait pas une promenade de santé.

Cent fois, devant tant de portes closes, j'aurais pu rendre les armes, abandonner, mais ce feu qui me dévorait m'en a dissuadée. J'aurais pu écrire plus aussi... bien des choses m'en ont empêchée.

Mais je suis toujours là, contre vents et marées, fidèle à mes rêves d'enfant.

Des lumières ont balisé ma route dans la solitude de l'écrivain extérieur au " milieu littéraire parisien ", entité increvable ; des phares même, devrais-je dire... certains brillent maintenant au milieu des étoiles. Je leur dois tout. Ils me manquent.

D'abord, Anaïs Nin. La lecture des premiers tomes de son Journal, alors que je n'avais encore rien publié, m'a aidée dans les moments difficiles et confortée dans mes convictions. Je pense et j'ose dire qu'Anaïs est morte pour moi... car les rencontres capitales de ma vie littéraire et qui restent parmi les plus importantes de ma vie tout court, je les lui dois. Ainsi, grâce à elle, je fus portée sur les fonds baptismaux de l'édition par un parrain et une marraine exceptionnels : Jean Fanchette et Elisabeth Janvier.

En 1977, j'appris par un court communiqué la disparition d'Anaïs Nin. Cette nouvelle me bouleversa. Ici et là, dans la presse, des hommages sincères furent rendus à Anaïs : je me souviens de celui de Françoise Ducout paru dans " Elle " mais celui qui devait décider de mon avenir fut publié dans Les Nouvelles Littéraires sous la plume de Jean Fanchette.

En 1958, le jeune Mauricien, médecin et poète, avait fondé Two Cities, revue littéraire bilingue, ambitieuse, pour des écrivains qu'il admirait, dont Lawrence Durrel alors pratiquement inconnu en France et pour rendre justice à l'œuvre d'Anaïs Nin dont il fut le premier en France à écrire une critique globale. Anaïs Nin lui écrivit : " Cher Monsieur, Lawrence Durrel m'a suggéré de vous rencontrer et de vous entretenir d'un certain nombre de choses... " La rencontre eut lieu à Paris. Anaïs Nin l'évoque dans le tome 6 du Journal.

Jean Fanchette rend compte de leur collaboration et de leur amitié dans cet article plein d'émotion et de nostalgie que me fit mesurer combien Anaïs Nin allait nous manquer.

J'écrivis à Jean Fanchette pour le remercier de cet hommage. Je lui parlai aussi de mon combat, que je n'étais pas loin de comparer à celui d'Anaïs qui avait été réduite à imprimer ses livres sur une presse à bras ! Il me répondit, voulut connaître ce que j'écrivais et c'est ainsi que je suis née en tant qu'écrivain et qu'est née notre amitié qui permit cette autre rencontre décisive et capitale pour moi avec une grande amie de Jean : Élisabeth Janvier, écrivain et traductrice et avec son mari, Paul Savatier, comédien, romancier, nouvelliste.

On avait coutume de dire, que Jean Fanchette était très mauvais en affaires mais qu'il avait un flair infaillible pour reconnaître un écrivain. C'est pourquoi je suis très fière qu'il m'ait reconnue, heureuse de faire partie des auteurs qu'il a aimés et défendus jusqu'à sa mort.

Je dis en préambule que je suis toujours là, contre vents et marées. " Contre " car on est toujours contre quelque chose mais aussi " avec " et " grâce ".

Avec des gens que j'aime et grâce à eux, j'ai pu réaliser (tardivement) mon premier rêve... " d'enfant qui voulait être écrivain et publier chez Julliard " ! Merci à Betty Miallet et Bernard Barrault.

Merci aussi à Claude Chaillet qui s'est battu pour que soit publié en 1993 : " Ma mère, celle qui m'a tout donné et tout pris ", Éditions Christian de Bartillat. Un livre important dans la lignée de Frère.

Merci à Serge Rezvani qui a soutenu mon premier livre chez Stock.

Merci à mes enfants, Nicole, Stéphane, Philippe pour leur patience et leur intelligence.

Merci à mes petites-filles Léa et Lucie pour leur merveilleuse innocence. Merci à Odile de les avoir faites telles qu'elles sont.

Merci à celles qui m'aiment et me supportent, qui n'ont jamais douté et qui m'ont aidée (qui m'aident) à vivre, Yvette, Michèle, Maïté.

Merci à ceux et celles qui me soutiennent et que j'aime, Jane Hervé, Sylvie Bardeau, Joël Poulet, Martine Marie Muller, Martha Evans, Joël Schmidt...

Merci à deux perles : Bernadette, ma bouchère et Valérie, ma boulangère.

Merci à mon frère Robert qui a toujours cru en moi.

 

Tous ces mercis c'est grisant, on se croirait aux Césars !

Essuyons nos larmes et lisons.